Elle portait les provisions dans l'obscurité de la nuit, montant la colline en tenant le sac de nourriture avec précaution pour ne pas alerter les espions des Quraysh. Elle connaissait le danger. Elle y allait quand même.
Asma bint Abi Bakr — radi Allahu anha — avait à peine vingt ans quand la Hijra a eu lieu. Elle était enceinte de son premier enfant. Et c'est elle que son père Abu Bakr et le Prophète ﷺ avaient choisie pour leur apporter à manger pendant qu'ils se cachaient dans la grotte de Thawr.
“ Asma dit : 'Mon père est parti avec tout son argent — huit ou neuf mille dirhams. Mon grand-père Abu Quhafa, qui était aveugle, est venu et a dit : je vois qu'il vous a quittés en vous abandonnant, lui et son argent. J'ai dit : non, grand-père, il nous a laissé beaucoup de bien.' ”
Al-Bidayah wan-Nihayah, Ibn Kathir
Elle mentait avec sagesse pour protéger son père. Elle avait mis des pierres dans les mains de son grand-père pour lui faire croire qu'il restait de l'argent. Un acte de douceur autant que de courage.
La Femme aux deux ceintures n'était pas seulement courageuse dans les grands moments. Elle était courageuse dans les petits détails — dans le mensonge pieux qui protège, dans le sac de nourriture porté dans le noir, dans la ceinture déchirée sans hésitation.
C'est cela que nous ne voyons pas toujours dans les histoires des grandes femmes : la texture du quotidien. Les décisions ordinaires prises dans des circonstances extraordinaires. La façon dont la foi se manifeste non pas dans des discours mais dans des gestes.
“ Quiconque fait le bien, fût-ce du poids d'un atome, le verra. ”
Sourate Az-Zalzalah, verset 7
Un atome. Le Coran dit qu'un atome de bien est compté. Asma portant la nourriture dans la nuit — c'était un atome. Et cet atome a été pesé, compté, et récompensé par une promesse de deux ceintures au Paradis.
Asma — radi Allahu anha — nous enseigne que le courage ne ressemble pas toujours à ce qu'on imagine. Parfois il ressemble à une femme enceinte qui monte une colline dans le noir avec un sac de nourriture, parce que quelqu'un a besoin d'elle et qu'elle a décidé d'être là.